Des conseils pour aider les différents secteurs de la chaîne d’approvisionnement alimentaire à mesurer la perte et le gaspillage d’aliments.

Production primaire

Introduction

Au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, le secteur de la production primaire regroupe l’agriculture, l’aquaculture, la pêche et d’autres activités similaires dont on tire des produits alimentaires bruts. Cette première étape de la chaîne comprend toutes les activités relatives à la récolte, à la manutention et à l’entreposage des produits alimentaires avant leur transformation ou leur distribution. Aucune activité de transformation de produits alimentaires bruts n’entre dans cette étape de la chaîne d’approvisionnement; ces activités sont plutôt classées dans le secteur de la transformation et de la fabrication.

Exemples d’activités de production primaire : agriculture, pêche, élevage de bétail et autres méthodes de production.

Les pertes d’aliments dans le secteur de la production primaire peuvent être attribuables à une multitude de facteurs, dont les suivants : ravageurs ou mauvaises conditions météorologiques, dommages causés durant la récolte, absence d’infrastructure d’entreposage adéquate, exigences esthétiques ou relatives à la taille, variabilité des conditions économiques ou des conditions du marché (p. ex., annulation de commandes, clauses contractuelles strictes, variabilité des prix ou coûts élevés de la main-d’œuvre).

La liste non exhaustive suivante, fournie à titre indicatif, montre des façons de prévenir la PGA à l’étape de la production primaire.

  • Travailler avec les intervenants en aval dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire pour augmenter la part de produits de seconde catégorie qui sont acceptés et valorisés dans la mesure du possible.
  • Améliorer la gestion et l’infrastructure de la chaîne du froid afin de prévenir la détérioration ou la dégradation durant l’entreposage et le transport.
  • Travailler avec les intervenants en aval dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire pour étendre la transformation de produits à valeur ajoutée, de manière à accroître la proportion d’aliments produits qui seront consommés.

Méthodes utilisées pour mesurer la PGA

Les méthodes appropriées de mesure de la PGA dépendent du contexte dans lequel le mesurage est effectué et des informations qui sont disponibles. Répondez d’abord aux cinq questions suivantes :

  • Avez-vous un accès direct aux aliments perdus ou gaspillés? Est-ce que la méthode oblige à puisse compter, manipuler ou peser directement les aliments perdus et gaspillés?
  • Quel degré de précision vous faut-il? Dans quelle mesure les données recueillies grâce à cette méthode seront-elles précises?
  • Combien de temps et de ressources pouvez-vous consacrer à la mesure de la PGA? Il s’agit de Il s’agit de la quantité relative de ressources (temps, argent, équipement) nécessaire à l’application de la méthode.
  • Avec-vous besoin d’une méthode permettant de déterminer les causes de la PGA? Certaines méthodes peuvent aider à établir les causes de la PGA, d’autres pas.
  • Voulez-vous suivre les progrès dans le temps? Certaines méthodes permettent d’évaluer les augmentations ou les réductions de la PGA au fil du temps.

À partir de vos réponses à ces questions, reportez-vous au tableau 8 pour choisir la ou les méthodes les plus appropriées. Si vous avez divers types d’aliments perdus et gaspillés (p. ex., solides et liquides), vous devrez peut-être utiliser plus d’une méthode.

Tableau 8. Classement de certaines méthodes de mesure de la PGA dans le secteur de la production, en fonction des cinq questions

Nom de la méthode Besoin d’un accès direct aux aliments perdus et gaspillés Degré de précision Niveau de ressources nécessaires Détermination des causes Suivi des progrès dans le temps
Méthodes couramment utilisées pour collecter de nouvelles données
Mesure directe Oui Élevé Élevé Oui Oui
Entrevues/sondages Non Faible-moyen Moyen-élevé Oui Oui
Méthodes couramment utilisées fondées sur les données existantes
Données indirectes Non Faible Faible Non Non
Registres Non Variable* Faible Non Oui
Méthodes moins couramment utilisées
Journaux Non Faible-moyen Moyen Oui Oui
Bilan de masse Non Moyen Faible Non Oui
Analyse de la composition des déchets Oui Élevé Élevé Non Oui

*La précision dépend du type de registre utilisé : par exemple, les reçus de transfert de déchets peuvent permettre une détermination très précise des niveaux de PGA, tandis que d’autres registres ne le permettent pas.

Nota : Cette liste de méthodes n’est pas exhaustive.

Source : Auteurs.

Si vous avez besoin d’aide supplémentaire pour choisir une méthode, vous pouvez utiliser le FLW Quantification Method Ranking Tool (outil de classification des méthodes de quantification de la PGA), du Food Loss and Waste Protocol, qui renferme 11 questions sur votre situation et fournit une liste des méthodes, par ordre d’importance, en fonction de vos réponses.

Étude de cas – secteur de la production primaire

Dans l’État de la Californie, aux États-Unis, le Fonds mondial pour la nature (WWF) a collecté des données brutes de référence, tant quantitatives que qualitatives, et facilité la mesure des pertes post-récolte de plusieurs cultures. L’organisme a ensuite effectué d’autres analyses pour déterminer les causes fondamentales des pertes à la ferme et il a calculé les impacts environnementaux afin d’illustrer l’intensité d’utilisation des ressources pour diverses cultures, de même que les impacts de la PGA connexe. Une telle méthode de mesure globale, jumelée à la conversion des données pour obtenir d’autres paramètres, a permis de déterminer l’ampleur de la PGA, d’en établir les causes fondamentales et de trouver des solutions possibles.

Par exemple, durant la saison de croissance 2017–2018, sur les fermes échantillonnées, on a mesuré les pertes moyennes suivantes lors de la récolte : 40 % des tomates fraîches, 39 % des pêches fraîches, 2 % des pommes de terre destinées à la transformation et 56 % des laitues romaines fraîches. Les résultats qualitatifs ont mis en évidence la difficulté pour les agriculteurs de gérer des rendements importants et des contrats fixes tout en respectant des normes strictes de qualité des produits. Le WWF a recommandé une étude plus approfondie des contrats d’achats agro-globaux de cultures spéciales, l’adoption de normes flexibles en matière de qualité et d’esthétique, et une plus grande valorisation des produits en conserve en réponse à la surproduction (WWF, 2018).