Retour de l'ensoleillement dans l'Arctique
Lorsque le mercure atteint l'Arctique, il subit une transformation au terme de laquelle il se dépose sur la neige au retour de l'ensoleillement dans l'Arctique.
Les scientifiques pensent qu'une importante quantité de mercure pénètre alors le milieu biotique et abiotique, et que le reste est rejeté de nouveau dans l'atmosphère.
La contamination des régions arctiques et des aliments traditionnels des Autochtones constitue une grave source de préoccupation.
L'effet sauterelle
Le mercure peut se déposer localement dans les écosystèmes aquatiques ou terrestres, ou être transporté dans l'atmosphère sur de grandes distances d'un pays
à l'autre. Si elles bénéficient de la quantité adéquate d'énergie solaire, les substances toxiques comme les «anciens pesticides» et le mercure peuvent subir un processus d'évaporation, puis de condensation, jusqu'à ce qu'elles atteignent une région comme le cercle polaire, où il n'y a pas suffisamment d'énergie pour causer de nouveau leur évaporation. Selon certains scientifiques, c'est ce phénomène qui explique la forte concentration de pesticides et de mercure dans des régions comme l'Arctique, pourtant très éloigné des régions où ces substances ont été initialement utilisées.
Un cycle de contamination
Lorsque le mercure se dépose dans l'eau, les microorganismes le convertissent en méthylmercure.
Les petits organismes, les poissons et les plantes ingèrent ce mercure lorsqu'ils se nourrissent. Les concentrations de méthylmercure augmentent à mesure que l'on s'élève dans la chaîne alimentaire, c'est-à-dire des végétaux et des poissons aux oiseaux, aux animaux à fourrure, aux mammifères marins et aux humains.
Après la ruée vers l'or
Avant que n'apparaissent les techniques modernes d'extraction minière, la ruée vers l'or, qui a débuté en Californie en 1848, a laissé en héritage une pollution par le mercure qui se poursuit aujourd'hui. Pour preuve, en 2001, les autorités sanitaires ont émis un avertissement quant
à la consommation de poisson provenant de certains lacs, et les mineurs trouvent encore des poches de mercure liquide le long de certains cours d'eau.
Centrales thermiques au charbon
En Amérique du Nord, la première source de pollution atmosphérique par le mercure est la production d'électricité par les centrales au charbon, qui génèrent chaque année des émissions directes de près de 91 tonnes. Le mercure rejeté par les cheminées industrielles se dépose à proximité des zones industrielles, mais aussi plus loin, franchissant parfois des milliers de kilomètres.
Eaux et poissons contaminés
L'ingestion de poisson contaminé constitue la principale source d'exposition au méthylmercure pour les êtres humains. Le mercure rejeté dans l'atmosphère se retrouve généralement dans les plans d'eau où peuvent vivre des poissons. Par exemple, on estime que 40 % du mercure qui se dépose dans le bassin des Grands Lacs pourrait provenir de sources extérieures.
Alerte médicale
Plus de 90 % des avertissements relatifs à la consommation de poisson sont liés à la contamination par le mercure. Les autorités sanitaires ont recommandé aux consommateurs de 41 États américains et de la plupart des provinces canadiennes de limiter leur consommation de certains poissons, ou d'éviter carrément d'en manger. Dix États américains ont conseillé aux femmes enceintes de limiter leur consommation de thon en conserve. Les données relatives à l'exposition des femmes américaines indiquent que jusqu'à 8 % des femmes en âge de procréer pourraient être exposées à des concentrations de mercure supérieures aux normes établies par l'EPA (Agence de protection de l'environnement des États-Unis). Cela signifie qu'environ 300 000 bébés naissent chaque année aux États-Unis après avoir été exposés à des concentrations de mercure qui dépassent les limites recommandées.
>Air
Une fois dans l'atmosphère, ce métal lourd toxique peut franchir des milliers de kilomètres à partir de sa source d'émission. Le plus récent rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement indique que la moitié du mercure qui se dépose sur le continent nord-américain provient de l'extérieur du continent. La forte consom-mation d'énergie des pays d'Asie entraîne chaque année le rejet de plus de 1 000 tonnes de mercure dans l'atmosphère, contre 210 tonnes en Amérique du Nord.
Incinération des déchets
Les incinérateurs de déchets urbains et médicaux constituent, en volume, la deuxième source de pollution atmosphérique par le mercure en Amérique du Nord. Non seulement l'air contamine l'environnement local, mais il transporte également le mercure jusque dans les rivières et les lacs, ainsi qu'à l'échelle du continent et au-delà.
Un héritage colonial
On estime que l'Espagne a envoyé près de 45 000 tonnes de mercure au Mexique durant la période coloniale (1540-1850); ce mercure était utilisé pour l'extraction de l'or et de l'argent. Aujourd'hui, des millions de kilogrammes se trouvent encore dans le sous-sol de dizaines de sites miniers exploités à cette époque, polluant les eaux souterraines et les champs.
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