Le monarque (Danaus plexippus L.) est peut-être le papillon le mieux connu du monde. Ses migrations dans l’ensemble de l’Amérique du Nord jusqu’à ses aires d’hivernage au Mexique et en Californie figurent parmi les phénomènes naturels les plus spectaculaires et inhabituels de la planète. Toutefois, la perte et la dégradation des habitats entraînent des menaces pour les deux populations migratrices nord-américaines de monarques, l’une dans la partie Est du continent et l’autre, dans la partie Ouest, tout au long de leur cycle annuel de reproduction, de migration et d’hivernage. Le phénomène migratoire déclinera certainement si l’on ne pare pas à ces menaces. Le monarque dépend d’une vaste gamme d’habitats au Canada, aux États-Unis et au Mexique; par conséquent, la conservation de son phénomène migratoire nécessite une coopération trilatérale. Le Plan nord-américain de conservation du monarque (PNACM) vise à établir un programme concerté à long terme en vue d’assurer la conservation de cette espèce.
Le présent document résume les données scientifiques sur le taux de perte d’habitats à chaque stade du cycle de vie annuel du monarque. Du fait que les aires d’hivernage ont une superficie relativement restreinte, la disparition de ces habitats causée par l’exploitation forestière commerciale et de subsistance au Mexique, ainsi que par l’exploitation commerciale et l’expansion urbaine en Californie, suscite les préoccupations les plus immédiates. Des analyses récentes des aires d’hivernage documentent une perturbation cumulative du cinquième de la superficie boisée de la Reserva de la Biosfera Mariposa Monarca (RBMM, Réserve de la biosphère du monarque), au Mexique, entre 1986 et 2006. Aux États-Unis, l’évolution des pratiques agricoles et la banlieusardisation des zones agricoles entraînent des pertes d’environ 876 000 hectares par année de terres pouvant accueillir les plantes hôtes et les sources de nectar indispensables à la reproduction et à la migration du monarque.
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