Lettre ouverte – Les jeunes comme moteur du développement durable en Amérique du Nord

La version originale en langue espagnole de cette lettre d’opinion a été publiée par El Universal le 12 septembre 2016

L’administration du président Enrique Peña Nieto a pris à l’égard de la jeunesse un engagement ferme et déterminé. Le principal atout de notre pays pour atteindre la prospérité, ce sont les Mexicains eux-mêmes, et le Mexique est un pays jeune composé de jeunes. Le gouvernement de la République a renforcé la capacité de la jeunesse mexicaine à contribuer au développement national grâce à des politiques en matière d’éducation, de santé, de sécurité sociale, de logement, d’innovation et de développement des affaires.

Aujourd’hui, le quart de la population mondiale (soit environ 1 800 millions de personnes) a entre 15 et 30 ans. En Amérique du Nord, les jeunes de différents âges forment presque 20 % de la population et sont la génération la plus éduquée de l’histoire, les possibilités d’accès à l’éducation et les moyens financiers permettant cet accès ayant beaucoup augmenté.

Ces jeunes représentent aussi la génération la plus branchée, ce qui les rend plus productifs, tant sur le plan scolaire que sur le marché du travail. De nos jours, la jeunesse utilise les systèmes d’information et de communication— Internet, plateformes intelligentes et réseaux sociaux—comme outils de base pour travailler, apprendre, tisser des liens, avoir un sentiment d’appartenance et se divertir. Résultat : un jeune de Mérida peut savoir en temps réel, par les médias sociaux et les autres moyens de communication, ce que vivent d’autres jeunes dans le monde, que ce soit dans une région éloignée d’Asie, d’Afrique ou d’ailleurs.

Ces jeunes peuvent entre autres interagir, discuter de leurs points de vue sur n’importe quelle question et même échanger des photos, de vidéos ou d’autres types de fichiers électroniques. Pour la première fois dans l’histoire, les jeunes ont, grâce à la connectivité, une culture commune à l’échelle mondiale et, partant, ils partagent des problèmes et des intérêts. Et il ne fait pas de doute : l’un de ces intérêts est l’environnement.

Les jeunes d’aujourd’hui se préoccupent de l’environnement parce qu’ils savent que les problèmes environnementaux menacent leur bien-être et leur survie. Ils ont accès à toutes sortes d’information et, grâce aux navigateurs Internet, ils peuvent lire des articles et voir des photos et des vidéos. Ils peuvent également établir le géoréférencement dans leur pays, leur région ou leur localité d’un problème environnemental qui retient leur attention. Ils visitent les blogues et les pages Facebook des autres jeunes, et font sur Twitter des commentaires sur des questions environnementales.

Les jeunes qui ont en ce moment moins de 30 ans formeront au cours des prochaines décennies la majorité de la main-d’œuvre. Dans bien des cas, nous avons déjà constaté, les jeunes sont des créateurs d’emplois, des vecteurs de productivité et d’innovation, voire des « perturbateurs », comme on dit maintenant des idées qui changent la donne.

Le Mexique a donc décidé cette année dinstitutionnaliser le travail des jeunes à la Commission de coopération environnementale (CCE) de l’Amérique du Nord. Créée en 1994, dans le cadre de l’Accord nord-américain de coopération dans le domaine de l’environnement, l’accord sur l’environnement parallèle à l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), la CCE est devenue le principal mécanisme de coopération environnementale dans la région. Son objectif consiste à promouvoir la protection de l’environnement grâce à cette coopération et à la participation du public, compte tenu des liens croissants entre le Canada, les États-Unis et le Mexique sur les plans socio-économique et commercial.

La CCE a également été un exemple de transparence et a joué un rôle de pionnière en servant de forum—unique en son genre—pour la promotion de la participation du public et d’un dialogue périodique avec les citoyens. Depuis sa création,  le Conseil de la CCE a tenu des séances en présence du public nord-américain et comporte un Comité consultatif public mixte (CCPM) formé de 15 représentants issus des secteurs des affaires et de l’éducation, d’ONG et des citoyens. L’an dernier, la CCE a mis sur pied un groupe trinational de spécialistes sur les connaissances écologiques traditionnelles chargé d’éclairer nos analyses, nos décisions et nos projets de coopération environnementale.

Cette année, dans le cadre de la XXIIIe session du Conseil de la CCE, tenue à Mérida, dans l’État de Yucatán, nous avons continué d’encourager la participation de la société à la prise de décisions en faisant participer les jeunes à nos travaux. Les jeunes sont des alliés qui peuvent nous aider à innover, diffuser l’information, mettre en œuvre les mesures de protection environnementale et relever les défis en matière d’environnement en Amérique du Nord. La jeunesse nord-américaine nous aidera à accroître l’efficacité et les résultats des projets que nous entreprendrons, nous, les responsables de la politique environnementale.

En outre, nous voyons un grand potentiel dans les jeunes qui intègrent le marché du travail. Si la jeunesse d’aujourd’hui est consciente de l’importance de la conservation de l’environnement et a des connaissances de base en la matière, alors elle pourra apporter une valeur ajoutée à cet égard—en innovant ainsi qu’en favorisant la responsabilité des entreprises et l’amélioration des politiques gouvernementales sectorielles, mais, surtout, grâce à ses comportements individuels plus respectueux de l’environnement.

Afin d’enclencher le processus d’institutionnalisation de la participation des jeunes, le Mexique a proposé cette année d’intégrer un jeune au Conseil consultatif public mixte de la CCE, car il est très important pour nous que les observations et les opinions du CCPM s’enrichissent d’idées neuves et novatrices. Nous voulons que le Conseil nous pousse à nous remettre en question, qu’il nous aide à sortir des sentiers battus. Nos gouvernements ont l’obligation d’encourager leurs populations respectives, en particulier les enfants et les jeunes, à adopter, comme principe fondamental de la vie en société, une culture du respect de l’environnement, et nous sommes convaincus que leur vision et leurs suggestions éclaireront nos décisions.

Lors de la XXIIIe session du Conseil de la CCE, les responsables de la politique environnementale en Amérique du Nord ont avalisé nos engagements issus de traités et événements internationaux majeurs tels que l’Accord de Paris, relatif aux changements climatiques, et le Sommet des leaders nord-américains (SLNA). Lors du SLNA, le président mexicain Enrique Peña Nieto ainsi que ses homologues des États-Unis et du Canada ont réaffirmé le rôle de chef de file de l’Amérique du Nord face aux défis environnementaux à relever en établissant des cibles sans précédent. Ils se sont par exemple engagés à assurer un approvisionnement de 50 % d’énergie propre et à réduire de 40 % les émissions de méthane dans le secteur pétrolier et gazier d’ici 2025, ainsi qu’à garantir la santé des populations et la pérennité des phénomènes migratoires propres au papillon Monarque, des oiseaux et d’autres espèces communes aux trois pays de la région.

Face aux défis et aux engagements pris en matière d’environnement dans les forums mondiaux et régionaux, les jeunes représentent plus que jamais un potentiel énorme pour ce qui est de renforcer la coopération environnementale en Amérique du Nord. Leur participation directe aux projets, leurs conseils et leur orientation, leur capacité de communiquer et diffuser l’information au sujet des problèmes, des pratiques exemplaires et des solutions ainsi que leur leadership dans le monde universitaire ou le milieu du travail seront déterminants dans le succès des efforts de nos gouvernements.

Nous voyons dans les jeunes d’Amérique du Nord le principal moteur du développement durable, et nous avons besoin de « perturbateurs » qui fassent changer les technologies, les pratiques et les politiques dans le domaine environnemental.