Le transport de marchandises, qui est étroitement lié à l'expansion du commerce visée par l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), contribue grandement à l'émission de gaz à effet de serre (GES). Tout comme les améliorations énergétiques apportées dans le domaine de la construction, le secteur du transport offre les possibilités les plus prometteuses d'améliorer l'environnement sur le continent.
Cette toute dernière étude indépendante du Secrétariat, qui suit la publication, en 2008, du rapport intitulé Le bâtiment écologique en Amérique du Nord, dressera un tableau de l'état actuel du transport de marchandises et évaluera des scénarios visant à améliorer la performance environnementale dans ce domaine afin de recommander des moyens stratégiques d'atteindre ce but.
Des milliards de tonnes de marchandises sont transportées chaque année dans un réseau complexe de chaînes d'approvisionnement industrielles et commerciales à l'échelle de l'Amérique du Nord. Le transport de marchandises y a connu une importante croissance au cours des 15 dernières années, et il est inextricablement lié aux économies du continent et aux activités commerciales entre les trois pays.
Quelque 8 422 millions de tonnes de marchandises ont été transportées en 2005.
De cette quantité, 64 % ont été transportés par camion, 24 % par train, 12 % par bateau et 0,2 % par avion.
Bien que le transport de marchandises par camion soit le mode le plus souple et le plus dynamique, en raison du parc de camions sur lequel il se fonde, ce mode de transport présente le plus grand défi environnemental en étant responsable d'une plus grande quantité d'émissions par tonne transportée que le train ou le bateau.
Un seul navire porte-conteneurs peut transporter la même quantité de marchandises que 6 trains intermodaux et 1 200 camions.
Le secteur du transport est responsable de 26 % des émissions totales de GES en Amérique du Nord, et le pourcentage de ces émissions par pays est le suivant :
Canada : 27 %
Mexique : 20 %
États-Unis : 27 %
Les empreintes écologique et carbonique du transport de marchandises sont directement tributaires du volume d'échanges commerciaux, des modes de transport utilisés, des technologies auxquelles les différentes formes de transport ont recours et des politiques publiques.
Au moins un quart des émissions de GES liées au transport est attribuable à celui de marchandises.
Le réseau du transport de marchandises en Amérique du Nord gravite autour de plaques tournantes et de ports, y compris des ports fluviaux et maritimes, des postes frontaliers et des villes frontalières importantes. Lorsque ceux-ci atteignent leur capacité maximale, la congestion de la circulation peut y provoquer une augmentation de la pollution atmosphérique.
Plus de 70 % du transport de marchandises en Amérique du Nord passent par Détroit et Buffalo, dans le nord des États-Unis, ainsi que par Laredo, au Texas, à la frontière américano-mexicaine.
Les plus importants couloirs d'échanges commerciaux du continent, qui s'étendent du centre du Mexique au Canada, sont situés dans la partie est de l'Amérique du Nord où est concentrée quelque 75 % de la population totale.
Une étude menée au moyen d'appareils de localisation de type GPS, installés sur des camions de transport en partance de Laredo, a permis de constater que 20 % des marchandises se rendent à Détroit et 7 % au Canada, dans les provinces de l'Ontario et du Québec.
Des études menées également à Tijuana, au Mexique, ont aussi permis de constater que 50 % des camions qui traversent la frontière sont vides.